Etre parent, ça s’apprend ?

plan - reality

Il y a quelques mois encore, j’aurais juré que non.  Je pensais qu’être parent, c’était une question d’amour. Que s’il était là, s’il guidait nos actions, on ne pouvait pas se tromper.

La toute petite enfance des Loups m’a plutôt confortée dans cette idée ! J’avais une arme magique pour apaiser tous les maux : le sein ! Soif, faim, bobo, sommeil, une bonne tétée et c’était reparti !

Et puis Grand Loup a grandi. En même temps qu’il devenait un petit garçon,  j’ai dû le voir faire face à des moments de tristesse, de colère, à de frustration sans savoir toujours comment accueillir ces sentiments. Je me suis aussi  sentie fatiguée, débordée, sur-sollicitée, sans trouver les mots justes pour le lui expliquer. Dans les moments difficiles, je me suis raccrochée aux phrases toutes faites qui rassurent : On ne peut pas être des parents parfaits ! Si on avait une recette miracle, ça se saurait ! »

Petit Loup grandit lui aussi. Il gère ses sentiments autrement et ne s’épuise pas en de grandes colères. Mais il voudrait faire ce qu’il veut quand il veut, et déteste qu’on lui impose le programme ! Je n’aime pas me battre avec lui, je déteste le rapport de force. Mais bon sang, ce bain, il faut bien le prendre à la fin !

J’ai mis du temps avant de réaliser que l’amour ne suffit pas. On a beau aimer ses enfants à la folie et vouloir le meilleur pour eux, parfois, il nous manque des clefs. Il y a des choses qu’on ne peut pas inventer.

J’ai trouvé quelques unes de ces clefs dans un ouvrage que, sans doute, beaucoup d’entre vous connaissent. C’est Parler pour que les enfants écoutent. Ecouter pour que les enfants parlent, d’Adele Faber et Elaine Mazlish. J’ai découvert avec ce livre l’univers de l’éducation bienveillante, et compris que la communication était le socle sur lequel nous devions bâtir notre relation avec nos enfants, afin qu’ils aient confiance en eux et deviennent des adultes responsables et indépendants.

En l’écrivant, je souris. C’est un peu grandiloquent, comme programme ! Mais quand on a la tête dans le guidon, au milieu des couches, des biberons, des goûters, des devoirs, des bains et des cris d’enfants, on perd de vue l’essentiel. Qu’est ce qu’on fait là ? Ca fait du bien de le savoir !

Et une fois qu’on a dit ça, comment on fait ? Ce livre donne des pistes, des « habiletés » à acquérir pour fluidifier la communication entre nos enfants et nous. Comment les écouter vraiment, comment leur expliquer clairement ce que nous attendons d’eux, comment les accompagner dans la gestion de leurs émotions …j’ai ainsi appris à leur laisser le plaisir d’être fiers d’eux-même ou à regarder un de leurs dessins.

A la rentrée, l’association des parents d’élèves à l’école des Loups a proposé des ateliers de travail autour de cet ouvrage.  J’avais très envie de poursuivre la réflexion , mais j’avais peur que les séances ne soient qu’une explication de texte du livre. Je m’y suis donc inscrite, un peu partagée.

Et j’y ai appris tellement ! Loin d’être des ateliers théoriques, ces groupes de travail sont l’occasion de mise en situation, où nous jouons le rôle de nos enfants, afin de mieux comprendre ce qu’ils ressentent.

Essayez pour  voir ! Prenez 15 minutes et commencez un joli dessin. Soyez minutieux et appliqué et pensez à la personne à qui vous voulez l’offrir. Vous avez presque fini votre oeuvre. Quelqu’un arrive près de vous et, sans prévenir, gribouille votre feuille.

J’ai fait le test. J’ai eu envie d’arracher les yeux au quelqu’un en question. Et quand celle qui jouait le rôle de ma maman est intervenue en me disant : « tu ne vas quand même pas te mettre à pleurer, ça n’est qu’un dessin, après tout ! » J’ai senti les larmes monter.

Pourtant, combien de fois ça m’est arrivé, d’être cette maman maladroite, qui pense régler le problème en deux coups de cuiller à pots ? Je n’imaginais pas à quel point cela pouvait être blessant.

Je ne fais toujours pas les choses parfaitement. Mais au moins, je suis sure de savoir comment je voudrais les faire !

Tout comme le livre, ces ateliers ne sont pas une fin en soi. Ils sont un chemin pour apprendre à devenir parents.

Car maintenant j’en suis sûre, être parents, ça s’apprend *!

*  c’est aussi le nom de la page facebook de Véronique Maciejak, une jeune maman bloggueuse que j’ai eu le plaisir de rencontrer et qui nous raconte son quotidien de maman positive. C’est d’ailleurs chez elle que j’ai trouvé ce chouette dessin !

 

 

 

11 commentaires
  1. Bao dit :

    J’ai entendu parler de ce livre et je sens que je vais finir par me l’acheter 🙂

  2. quel bel article! nous aussi essayons d’être dans la bienveillance, et essayons de pratiquer l’écoute active. Mais ça n’est pas tous les jours facile, et demande beaucoup de réflexion! et puis, je ne sais pas chez toi, mais chez moi j’ai bien l’impression que le terrible two pointe le bout de son nez!!!

    • Troisfoismaman dit :

      et puis ça demande un self-control qu’on a pas toujours (enfin, pas TOUS les jours !) . C’est marrant je me disais justement que mon Bébé Loup respirait le terrible two ! Décidément, avec Broutille, ils se passent le mot ! Affaire à suivre !

  3. amelie dit :

    je crois même que ça peut marcher avec les adultes, tes habiletés 😉

  4. Agathe dit :

    J’ai pris des cours de communication non violente mais parfois je suis vraiment à court avec les élèves (autre contexte mais qd même). « qd tu seras maître d’école c’est toi qui choisiras, en attendant, fais ce que je te demande… »ça me désole quand je sors ce genre de chose (c’est arrivé)

    • Troisfoismaman dit :

      dans une classe la sollicitation est multipliée par 30 … la difficulté aussi ! Et le temps manque cruellement, j’imagine ! Moi je me prosterne devant les maitresses, franchement !

      Tu sais qu’il y a des formations spéciales pour les enseignants ?

  5. ptite maman dit :

    Ce bouquin a été aussi une révélation (en plus il est in English ça aide pour les louloups). Je suis comme toi : je sais ce que je voudrai faire et loin de le faire (surtout face à la fatigue, le manque de temps mes ennemi numéro 1 et 2 pour pouvoir être àl’écoute patiente et douce …)
    J’aurai adoré suivre un séminaire ça doit mettre le tout en relief !
    D’ailleurs j’y pense bcp en ce moment ou ma patience est mini .
    Je vais aller faire un tour sur le blog : tout un programme que celui de cette maman
    Par contre face aux 80 zozo de mes cours j’avoue que je me demande comment on peut s’y prendre quand la simple notion de respect de celui qui parle (elève ou prof) n’a a priori jamais été apprise (et les zozo ont entre 18 et 21 ans) alors bravo aux prof qui les supportent toute l’année !

    • Troisfoismaman dit :

      Si tu as l’occasion, le séminaire, c’est vraiment une sacrée expérience !
      Moi aussi parfois j’ai la patience un peu faiblarde … et ça me rassure de savoir que je ne suis pas la seule 😉

      Devant une classe, c’est une autre histoire … je t’admire ! Je ne sais pas comment on fait ! En même temps, quelle expérience !

  6. MamanVioloncelle dit :

    je rattrape mon retard dans tes blog. ca a l’air bien comme livre. il faut que je le trouve. je m’en vais voir le site de la bibliotheque. Merci (moi j’ai pas de patience…rien meme pas les jours qui finisse en i)

  7. […] avais trouvé des réponses concrètes à des problèmes récurrents. Je vous en avais parlé ici, là et encore là. Ces rencontres m’avaient également inspiré la technique du Zanzibar ! […]

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