Emménager

loups a la mer

Notre début d’année à Aix – cette « première séquence », comme ils disent à l’école, a été aussi joyeuse qu’éprouvante. Pour mille raisons. Parce que c’est chouette, de se réinventer. Mais c’est pas si simple de tout réinstaller. Parce que chacun doit trouver ses marques et que, sinon ce serait trop facile, personne ne fait jamais rien au même rythme.

En même temps, heureusement, que personne n’est jamais au même rythme. Ca permet que tout le monde fasse pas la gueule en même temps, remarquez ! Du coup j’en ai toujours un ravi d’aller au judo, et un autre qui traine des pieds, mais ça n’est jamais le même. Ca met un peu de piquant dans nos lundis après-midi !

Je croyais qu’emménager, ça voulait dire cocher des cases sur une to-do-list. Appartement : trouvé. Ecole : trouvée. Activités extra-scolaires : trouvées. Je croyais qu’en simulant des trajet sur googlemap et en remplissant un petit agenda propret qui faisait s’enchainer à la perfection séance de foot et cours de judo, j’avais bouclé mon année. J’avais même fini par croire qu’on pouvait emménager de loin. A distance. Presque en étant pas là.

Mais emménager. C’est pas ça. Emménager, c’est faire des rencontres qui nous font dire que peut-être, même si c’est plus loin sur googlemap, ça vaut le coup d’aller au tennis, plutôt qu’au foot. C’est réaliser que toutes les écoles ne conviennent pas à tous les enfants, et que jusque là, on avait simplement eu de la chance que tout colle. C’est se rendre compte qu’il nous faut vraiment absolument un parking, et qu’il n’y en a pas près de notre immeuble. C’est envisager de tout changer à nouveau, appartement, école, et même boulot.

Ca m’a fait l’effet d’un atterrissage raté, pendant un temps. Ces quelques dernières semaines. Déjà que j’aime pas l’avion. J’ai même pensé qu’on aurait mieux fait de rester là-bas, à Banlieue sur seine, dans notre petit 60m2, bien au chaud tous les 5. On serait venus en vacances pour voir la belle lumière et les calanques à tomber. Et puis voilà.

Et puis les vacances sont arrivées, et les Loups sont partis quelques jours avec Troisfoispapa. Moi je suis restée là. J’ai travaillé. J’ai mis à jour trois fois moins de trucs que ce que j’avais prévu. Et puis j’ai pensé. Quand j’étais petite et que je rentrais de l’école, entre le goûter, les devoirs et Princesse Sarah, j’aimais bien me caler une séance « pensées » (si je vous le dis, c’est parce que je sais que vous ne penserez pas que je suis une psychopathe née). Parfois je laissais mon esprit vagabonder. Il m’emmenait loin et j’adorais ça. D’autres fois, je faisais le point. Et ça me faisait du bien.

Cette semaine, je crois que j’avais besoin de faire le point. Sur chaque chose qui ne s’est pas tout à fait passé comme l’avait prévu ma to-do-list. Sur ce que ça veut vraiment dire, de changer de vie. J’ai compris que parfois, on ne peut pas tout maîtriser. Qu’il faut du temps. Beaucoup de temps pour se sentir à nouveau chez soi quelque part. Mais que finalement, ça n’est pas très grave. Parce que ce qui compte autant que le moment où, à nouveau, nous nous sentirons ici parfaitement chez nous, c’est le chemin que nous empruntons chaque jour pour y parvenir.

PS : Je sais ce que vous vous dites. Après nous avoir rabattu les oreilles avec son déménagement, voilà qu’elle nous commence une petite série emménagement, le disque est légèrement rayé. Peut-être. Sans doute, même. Mais comme ce blog, c’est moi qui l’écris, je vous fais AUSSI partager mes névroses. Y’a pas de raison !

PS 2: Pendant que je tente de donner un sens à ces semaines chaotiques, Troisfoispapa se frappe les trois Loups tout seul depuis lundi soir. Je le plaignais au plus profond de moi lorsqu’il est parti. Mais ils ont l’air tous les 4 les plus heureux du monde et m’envoient des photos presque indécentes, regardez moi ça !  (si vous voulez les voir ausssi, Troisfoispapa a réactivé son compte instagram). Du coup, je ne le plains plus, je l’admire  !

 

 

 

 

6 commentaires
  1. Bonsoir,

    Je n’ai jamis eu à changer de région (j’ai vécu à l’étranger, mais j’étais petite), mais j’imagine que ça demande beaucoup d’adaptation. Mais une fois que vous serez bien installés, vous devriez découvrir que c’est très agréable de vivre à Aix.

    Très bonne soirée

  2. Betty dit :

    deux ans et demi…après de multiple déménagements je dirais que c’est le temps minimum qu’il nous a fallu pour être bien (recréer un réseau, ne plus se sentir étranger, etc…). Alors patiente…. des bises

  3. Virginie dit :

    Je crois que je suis plus longue que toi pour me sentir chez moi. Mais pas de la même manière. J’ai emménagé en 2013 et je me suis sentie vite chez moi et j’ai eu mon bébé la même année. Et là, je ne me suis plus sentie chez moi. Mon fils m’a fait emménager une seconde fois. J’ai mis presque 2 ans et demi pourpour retrouver des repères. Mon fils se sent bien chez lui, il se sent bien chez moi. Je me sens bien chez moi maintenant.
    Tu vois, tu n’es pas la seule à avoir des névroses hahaha!

  4. Je pense que ce n’est jamais si simple de partir… Déjà vous l’avez fait, c’est vraiment bien. Il faut laisser du temps au temps maintenant…

  5. Lorelei dit :

    c’est un rythme à prendre pour tout le monde mais après ça va rouler!!!!
    bizz

  6. Chloe dit :

    Plein de courage ma cousine, je comprends tout a fait ce que tu ressens, bien que je n’ai pas encore de petits loups a charge. Moi en tout cas j’ai hate de venir vous voir a Aix et je suis sure que tes seances ‘pensees’ vont porter leurs fruits! Des bisous

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